Tien tant qu'on y est, je me sens l'envie de commenter un peu c'est quoi un grand film de cinéma made in USA.
Pour planter le décors j'énonce tous les participants.
Le héros * (l'éternelle victime des circonstances).
Il existe deux types de héros :
_Celui qui a un lourd passé (il a fait le vietnam, toute sa famille a été tuée par un psychopathe, il a été torturé par les plus terribles méchants, et surtout il est pas content et réclame sa revanche).
_Celui qui n'a pas de passé : beauf parfait, il est là pour apprendre à être un parfait abruti au service du bien en se fritant à des méchants pas beau qu'avant le début du film il ne connaissait même pas, d'abord.
La meuf ** (le faire-valoir du héros).
D'une beauté incalculable, à se demander ce qu'elle vient faire dans tout ce merdier (elle aurait mieux fait de faire actrice de cinéma. Oups...). Elle est là pour montrer son cul et surtout montrer qu'elle le garde au chaud juste pour le héros qui le mérite bien plus que les autres. En oûtre elle est également là pour montrer qu'elle joue super bien la comédie (comment ça "c'est son job ?" ).
Le méchant (et fier de l'être).
Il est mauvais, très mauvais. Mais pour que tout le monde comprenne bien qu'il est mauvais et qu'on le prenne pas en sympathie, il est avant tout méchant. Et comme un méchant qui s'exprime est forcément mauvais, ben tout ce qu'il fait est mauvais, donc faut que le héros le tue à la fin et faut pas se poser plus de question.
Le méchant, c'est tout l'inverse du beauf, et donc tout l'inverse du héros sans passé. Par contre il ressemble beaucoup au héros qui a fait le vietnam, à la différence près que le héros en veut au méchant alors que le méchant en veut au monde entier. Donc le héros, qui n'est dans le fond qu'un con absolu, s'octroie quand même le droit d'être méchant mais seulement avec le vrai méchant - sa tête de turc - au travers lequel il peut reciter tout son vocabulaire martial.
Le méchant est intelligent ou baraqué. En tout cas il a toujours au moins une qualité qui le rendra assez dur à tuer pour que le film dure 1h30. Esthétiquement parlant, il est toujours très soigné à la différence du héros plutôt sapé comme un sac. Notons que le méchant peut ressembler à une météorite, ça n'enlève rien au scénario.
La police (livrée en option à la place du porte-clé)
Elle est à la fois partout et nulle part, suivant les besoins du scénario. Ce qui est sûr c'est qu'elle est entièrement composée de parfaits abrutis (et ça c'est indispensable au scénario). Ainsi dans Pulp Fiction on peut flinguer tout le monde, mais après faut toujours bien nettoyer, et sourtout ne pas appeler avec un téléphone cellulaire ! Car même si on voit pas un seul flic à 30 km à la ronde, ils sont toujours quelque part, un peu comme dans Men In Black.
Quand il sont visibles, c'est à bord d'une voiture de police pour aller s'encastrer les uns dans les autres, se faire botter le cul voir même se tirer dessus entre-eux. Le flic basic est un incapable, il peut rien faire pour le héros. Si dans le tas l'un d'eux est intelligent, c'est soit le méchant, soit un pote du héros soit le héros en personne.
Maintenant on va pouvoir passer au scénario. Le schémas est toujours un peu le même.
On plante le décors : en laissant toute une foule de détails qui permettront au spectateur le plus ignard de comprendre au moins à quel époque on se trouve, et même où on se trouve (il fait beau, c'est en Amérique; il neige, c'est en Russie).
i s'passe un truc de pas normal : entrée en scène du méchant qui fait "bouh !" avant de couper quelques têtes et retourner dans l'oooommbre...
plus tard... : la police trouve un truc pas normal, mais est pas capable de trouver quoi. Entrée en scène du héros qui lui a tout compris.
Bonjour mademoiselle : La meuf sexy entre en scène. Deux cas de figure :
_Soit le héros a fait le vietnam et explique toute l'histoire du méchant à la fille.
_Soit le héros est un beauf et c'est la fille qui explique toute l'histoire.
A ce moment-là le couple discute du comment ils vont pouvoir faire échouer les plans du méchant. Nous la seule question qu'on se pose à cet instant du film, c'est quand-est-ce qu'ils vont baiser et qu'est-ce que le réalisateur va laisser voir du moment.
Dur, dur d'être un héros : il faut bagarrer, se prendre des coups, faire des cascades. Les possiblités sont infinies et c'est ce qui fait un bon scénario hollywoodien. Le héros dois passer par tous les sbires avant d'arriver au méchant (au bout d'une 1h30 approximativement).
Le combat final de la fin : le monde se retrouve partagé en trois parties : les gentils, les méchants, et la bande de lobotomisés qui regardent le film ou d'acteurs qui n'ont plus de rôle à jouer dans le film. Il ne reste quasiment plus personne de vivant et plus rien ne tient encore debout, mais on entend encore plus de bruit que jamais. C'est le Choc des Titans, où le méchant meurt et le gentil embrasse la fille (la récompense du vainqueur !).
La fin : les personnages se congratulent et se casent un par un.
"Eh bien ! Je crois que le monde est sauvé de l'apocalypse. T'as pas vu mon écharpe ?"
"Je crois que tu l'as oubliée chez moi."
"Oh..."
*Il peut y avoir plusieurs héros, mais l'un est toujours plus héros que les autres.
**Il peut y'en avoir plusieurs, mais c'est toujours la plus canon qui tombe dans les bras du héros (toujours au service de la crédibilité d'un bon scénario hollywoodien).