Ca y est, c'était presque bon : enfin cette horrible journée touchait à sa fin.
Les sens exacerbés par mon état, j'avais les nerfs à fleur de peau, j'avançais d'un pas martial.
Je regardais ces êtres que j'étais le seul à comprendre.
Je décidai de m'arrachai à la scène et courus retrouver avec une joie non-feinte mon appartement : le martini blanc de la veille m'y attendait sur la table basse du salon, et je m'effondrai de fatigue sur mon vieux canapé IKEA, ne pouvant m'empêcher de repenser à mon aventure du jour...
On frappa à la porte, c'est avec surprise que je découvris une superbe femme peu vétue, était-elle réelle ou avais-je trop bu?
Sans prononcer le moindre mot, elle me prit la main, ferma les yeux, et me fit entendre ce que j'espérais depuis si longtemps.
J'aurais du être effrayé, mais je ne le fus pas, et j'écoutai patiemment se mettre en place la dernière pièce du puzzle.
Elle voulait que je sois son amant, elle avait fait couler tout ce sang pour moi, mais j'avais quitté le bar trop vite, et comme il faisait jour elle ne put pas me suivre; avec un doux sourire elle me révéla ses deux grosses canines, elle ne m'avait pas menti, c'était bien un vampire.
Que la vie est injuste, pourquoi devrais-je être le complice observateur et concentant de tant d'horreurs anormalement naturelle ?
D'ailleurs, oui, au diable les observations : je me ruai sur mon agresseuse et m'abandonnai à ses morsures de baisers
... Avant de m'apercevoir que je venais tout juste de tomber de mon canapé IKEA, un court instant de sommeil ayant fait ressortir un fantasme longtemps enterré...
Je me relevais péniblement et un peu déçu ; j'avalai d'un trait le vieux Martini-poussières en grimaçant et je me décidai alors à prendre une bonne douche, quand soudain quelqu'un frappa à la porte (et cette fois, je n'étais pas en train de dormir): un coup d'oiel méfiant dans le judas me renseigna rapidement; point de jolie femme, mais tout le contraire. Ma gardienne....
J'ouvris donc la porte tout en sachant que mes ennuis n'étaient pas finis et je découvris la concierge sur le pas, l'oeil torve, la mine hagarde, une lettre à la main. "Bonjour Madame DuLoir... je peux vous aider?"
Elle me repondit alors dans un ton aigue et strident, de sa petite voix mesquine : " vous n'avez pas payé votre loyer! Dans trois jours vous êtes dehors !!"
Sur ce elle me donna la lettre de mise en demeure et repartit dans sa loge sinistre, sombre caverne où personne , même les plus braves, n'osait s'aventurer.
Je refermais la porte, encore troublé par mon rêve et jetais un oeil méprisant sur la lettre.
Je la mis dans la poche de mon pardessus et allais laver mon corps et mon esprit des impuretés de la journée, et revisionnant le film de ces dernières 12 heures.
08h12 : J'arrive à entrouvrir un oeil, mais rien à faire, la fatigue est trop grande, je ne peux pas me lever, je serai encore en retard...
08h45 : Bingo!... Employé du mois cette fois-ci, c'est sûr...le téléphone me réveille à nouveau : Fiona me prévient que le patron me cherche partout depuis 10 minutes. Je pars de chez moi en courant, en oubliant la moitié de mes affaires, sans me raser ni même prendre une douche; il n'y a pas à dire, ça, c'est une journée qui commence bien...
09h01 : Je me fais cueillir par Fiona à l'entrée du batiment, elle me donne un cric, me badigonne les mains de graisse et d'huile, et me glisse (dans l'ordre) un mouchoir également plein de graisse dans la poche de mon pantalon et un baiser sur la joue : "Voila ton excuse bidon pour le chef... Tu me dois un repas à midi mon chou ?"
9h05 : je dois me rendre au dernier étage du bâtiment et c'est toujours dans ces moments-là que l'on s'aperçoit que l'ascenceur de la tour de 40 étages est en panne..... La chance semble me fuir, je sens que je vais me prendre un piano à queue sur la tronche avant la fin de la journée.
9h53 BEN QUOI ! je suis un sportif de haut niveau moi, mais faut pas abuser, 40 étages c'est pas la porte à coté; je me retrouve donc devant la porte du bureau du chef, l'air devient sec et irrespirable, le ciel s'obscurcit (mais comme je suis dans le couloir et que c'est climatisé, moi je m'en bas le steak...), j'ouvre la porte et je vois alors...
... mon chef, en pleine discussion avec deux hommes en costard, cravate noire et tout le tralala; profitant de l'occasion, je passe discrètement derrière mon chef et je file directement à mon bureau...
Espérant me faire oublier, je pose le cric et le chiffon sale sur mon bureau et me fait couler un café à la machine... j'ôte alors mon pardessus et repense à la lettre que j'y avais glissée quelques temps auparavant : mon adresse manuscrite, mais pas de tampon de poste... étrange...
Je décide alors de l'ouvrir, après tout, c'est bien mon nom sur la lettre... cela ressemble à un avertissement mais le plus étrange est que cette écriture ressemble quand même étrangement à la mienne...
Cher moi.
Je t'écris de bien loin (24heures). Ils te cherchent. Ils sont déjà là.
Fuis, mais surtout... ne touche pas à la machine à café...
L'absence d'explication me paraît surprenante mais je fini la phrase juste à temps pour arrêter le mouvement de porter mon gobelet à mes lèvres.
[PS : J'ai remis au présent les phrases précédentes en accord avec ce qui était au dessus]
Message édité par SuperDahu le 01-11-2004 à 19:56:31