Earle Cleveland Haas, l’inventeur, naquit en 1885 à Kansas City. Il fit des études de médecine et s’établit comme médecin généraliste à Denver, au Colorado. C’est à Denver, dans un petit laboratoire situé dans sa cave, qu’il commença en 1929 à chercher une alternative pour remplacer les serviettes hygiéniques utilisées à l’époque. En ce temps-là, les femmes utilisaient généralement de grandes serviettes qu’elles lavaient ensuite afin de pouvoir les réutiliser. Mais le docteur Haas savait très bien que l’utilisation de ces serviettes entraînait de nombreux problèmes. La femme d’un ami lui dévoila un jour qu’elle utilisait un morceau d’éponge. Il savait aussi que les femmes dans l’ancienne Egypte fabriquaient des tampons à partir de feuilles de papyrus ramollies et qu’en Grèce les femmes utilisaient des compresses enroulées autour d’un morceau de bois. A Rome, on connaissait la laine, au Japon le papier, en Indonésie les fibres végétales et en Afrique centrale les rouleaux d’herbes.
A partir de 1929, il consacra tout son temps libre à la création d’un tampon, un tout petit coussin fait en coton comprimé. Il développa son produit pas à pas. Il prit une bandelette de tissu en fibres de coton, à laquelle il cousut un cordon dans le sens de la longueur, de façon à bien l’attacher, et sans couper le bout du cordon. Celui-ci devait servir à retirer plus facilement le tampon après usage. Ensuite, il développa une petite machine pour comprimer le tissu en coton de façon adéquate. Le docteur Haas était enchanté du fait qu’avec le cordon le tampon pouvait être retiré de manière hygiénique.
Mais comment l’introduire de manière hygiénique? En tant que fabricant de produits antiseptiques, il était bien évidemment conscient du danger d’infection. Pour éviter que les femmes soient obligées de toucher le tampon en l’insérant, Haas développa un système ingénieux. Ce système permettait de faire sortir le tampon hors de l’applicateur et de le positionner correctement. Plus de 70 ans plus tard, cet applicateur fait toujours merveille.
Le 19 novembre 1931, le docteur Haas fit breveter son invention. Comme nom de marque, il ‘bricola’ encore le mot ‘tampax’, composé des mots ‘tampon’ et ‘pack’. ‘Pack’ vient de l’anglais ‘vaginal pack’, qui signifie dans ce cas ‘problèmes vaginaux’. Le ‘tampax’ est donc un tampon qui élimine, ou du moins diminue les problèmes vaginaux.
Je précise que son invention fut un flop, et il a revendu son brevet pour 32000$...