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Leäliabaray

 
n°2976
le_dunadan
Posté le 18-04-2005 à 11:16:24  profilanswer
 

Chapitre 1: Du rêve à l'éveil
 
     Immergée dans sa chaleur, parmi les senteurs, les saveurs et les couleurs, mon esprit dérivait au gré des langueurs cristallines du rêve. Pourtant, doucement je m’éveillais. Ma conscience percevait de moins en moins ce qui m’entourait et mes sens redevenaient elfiques. La fin approchait et déjà la mélancolie et la nostalgie m’envahissaient. Tous les initiés prêt au réveil s’étaient rassemblé dans les mêmes confinements du rêve. Malfurion Stormrage nous avait parlé, avant de disparaître, et par lui s’exprimait la sagesse de Cenarius.  
« Vous faites partie de la nouvelle génération, celles des elfes qui ne craignent pas la mort parce qu’ils savent qu’ils vont mourir. Là est votre force, la même que celle qui anime les peuples de l’alliance et de la horde, Humains et Orcs, Gnomes et Taurens, Trolls et Nains. La paix sera votre message et l’équilibre votre objectif. Il est aisé pour vous d’accepter mes paroles maintenant, mais souvenez-vous en lorsque vous rejoindrez les terres elfiques. Ne vous laissez pas submerger par l’égoïsme, car nombre de choses ont changé depuis la venue de la légion. »

 
      Je ressentis d’abord le froid, première sensation à me revenir, le toucher. Une goutte d’eau venait de tomber sur mes yeux encore clos, tandis qu’une voix me parvenait et me berçait, l’ouïe. Je connaissais cette voix, je connaissais cette chanson, je devais reposer près de ma sœur, oui, je sentais ma tête posée sur ses genoux. Des effluves familiers s’engouffraient dans mes narines, l’odorat. Des senteurs de mon enfance, forestière mais légèrement différentes elles avaient un petit goût d’iode, je devais reposer près de la mer. Difficilement, j’ouvris mes paupières, apparût alors le visage bienveillant de ma sœur, la vue. Un sourire effleura ses lèvres et je découvris son expression marquée par l’impatience.
- Bienvenue, me dit-elle.
Je lui souris malgré ma fatigue, en essayant de prendre conscience de ce qui m’entourait. J’étais enveloppé dans une couverture de fourrure à l’entrée du bosquet où 147 ans auparavant je m’étais endormie. Déjà si longtemps, je devais avoir 384 ans désormais, je devais être devenue une femme. Le regard de ma sœur s’intensifia, elle percevait mes pensées, je n’avais jamais rien pût lui cacher. Elle m’aida à me relever et la couverture glissa le long de mon corps découvrant ma nudité. Je redécouvrit alors ma chair bleutée et pris conscience de mon corps, les formes de mes seins et celles de mes hanches. Ma sœur avait pris soin de coiffer mes cheveux et une longue tresse blanche pendait le long de mon visage.  
- Te voilà femme Shaël, me dit-elle.
Shaël, oui, cela, me revenait, autrefois il s’agissait de mon nom.
- Leäliabaray, tel est mon nom désormais.
- Que signifie-t-il, demanda ma sœur, ce n’est pas de l’elfique.
Je réfléchis un instant, je croyais savoir le sens de ce nom, même si je ne me l’expliquais pas.
- C'est la langue de la nature. Cela signifie...
- Larmes d’Espérance, fit une profonde voix grave derrière moi.
Je me tournais vers l’homme qui venait d’arriver, et en lui je reconnus la marque de la nature. Il avait la prestance et la sagesse des Archidruides. Et nul doute qu’il était apparu à coté de nous en s’extirpant du chêne majestueux qui surplombait la clairière.
Je m’inclina devant lui, sans pudeur. Je venais de renaître et l’on ne naît pas vêtu.  
Il s’approcha de moi et m’habilla d’une robe de lin mauve et de feuilles.
- Voici la robe des éveillés, me dit-il, porte la, avec sagesse et avec fierté, elle est la marque de ton rang parmi nous et de ton écorce parmi la nature. Teldrassil est un lieu sûr, communie avec la nature et revient me voir quand tu te sentiras prête à parfaire ton enseignement.
L’écorce du chêne s’ouvrit, l’elfe entra et disparus.
- Qui était-ce ? demandais-je avec un certain mal à l’aise, et qu’est-ce que Teldrassil ?
- Il s’agissait de Fandral Staghelm, le nouvel Archidruide et Teldrassil est désormais la nouvelle demeure des Elfes de la Nuit, Darnassus est notre cité.
- Nouvel Archidruide ? Nouvelle demeure ? Mais que s’est-il passé ?
Un frisson remonta alors le long de mon dos, je venais de prendre conscience des ravages de la légion. Une nausée m’envahit et je trouva juste la force de communiquer avec la nature. Mes mains posées contre le sol je les enfonçais dans la terre devenue malléable, presque liquide à mon touché. Quand mes coudes furent recouverts, je compris. Je compris les paroles de Stormrage et je compris la folie et l’égoïsme des elfes. Les larmes coulèrent sur mon visage.
- Qu’est-il advenu de l’Arbre Monde ? Et pourquoi ont-il tenté d’en replanté un ?
- Ils ont fait cela pour nous rendre ce qui nous ait dus, répondit ma sœur, pour nous rendre, notre immortalité.
Oui ! je sentais que l’immortalité nous avait quitté. Nous devions retrouvé notre puissance d’antan. Non ! Je m’égard, voilà donc la signification des paroles de Stormrage, il nous avait prévenu. Il fallait me ressaisir. Ma sœur ne pouvait penser une chose pareille, cette sentinelle dont j’avais toujours été fière ne pouvait se méprendre ainsi sur les commandements d’Elune et de Cenarius.
- Vous avez essayé de vous placé au-dessus de la nature, répliquais-je entre deux sanglots, la légion vous a corrompu également, vous êtes désormais en quête de pouvoir, pas d’équilibre.
La douleur m’envahit et je sombra dans le coma. Par la suite je crus percevoir le balancement d’un voyage en hippogriffe. Ma sœur devait me mener vers Teldrassil...

n°3011
le_dunadan
Posté le 18-04-2005 à 19:22:26  profilanswer
 

Grand fan de Jorian je souhaiterais moi aussi écrire mon histoire, voilà le premier chapitre...dites moisi la suite vous interesse, merci

n°3049
Vongal
Posté le 19-04-2005 à 14:53:10  profilanswer
 

J'attend la suite avec impatience.
C'est vraiment un plaisir de te lire,le style est splendide. [:anatan:2]

n°3116
le_dunadan
Posté le 20-04-2005 à 13:59:43  profilanswer
 

Chapitre 2: L'enfance: à l'éveil de la vie...
 
Je m’éveillais à nouveau, des courbatures parcouraient mon corps et mon esprit était encore préoccupé par d’étranges cauchemars. Des cris...des supplications...voilà tout ce dont je me souvenais. Je mettais cela sur le compte d’un délire dû à mon retour du rêve cristallin... enfin j’espérais qu’il en était ainsi.  
Levant les yeux, j’aperçus pour la première fois Aldrassil et le spectacle m’envoûta. De grands hêtres au feuillage dense, mariant les teintes avec beauté, abritaient de nombreuses habitations qui se succédaient branches après branches. L’endroit rayonnait de magie, les moindres plantes, le moindre animal, sélénites et sangliers, champignons et nénuphars répondaient à l’équilibre. Malgré moi, je dus revoir ma position vis à vis du nouvel Archidruide, peut-être fallait-il mettre ses erreurs sur le compte de sa jeunesse. Je souris intérieurement en pensant à cela. Moi, druidesse à peine éveillée, critiquais un Archidruide de bien quatre siècles mon aîné.  
J’emprunta la passerelle qui serpentaient autour des troncs et fut surpris de la jeune population qui vivait ici. De futures sentinelles, des chasseurs, des prêtresses d’Elune et d’autres serviteurs de Cenarius étudiaient en ces lieux. Je fis la connaissance de mon premier maître druidique. Ecoutant avec attention ses paroles, impatiente d’être guidée sur les chemins de Cenarius, je sus rapidement expulser la colère de la nature et en apprivoiser sa flore. Sans difficulté, je gravis les premiers échelons de la communauté et lorsque la neuvième écorce recouvrit ma peau, des questions s’imposèrent à mon esprit.
- Maître ?
- Oui, mon enfant ? me répondit-il.
Il avait fallu m’habituer à cette appellation.  
« La naissance a toujours précédé l’enfance... »
- Je ressens la nature dans l’eau et dans la terre, des étoiles à la racine des plantes, mais je sens qu’il me manque encore quelque chose.
- Ah ? fit mon maître avec une feinte surprise. Et quoi donc ?
- La faune, maître, répliquais-je, les essences animales et les humeurs bestiales. Elles font parties, elles aussi, de l’équilibre et pour le moment, elles sont exclues de votre enseignement.
Le visage de mon maître s’éclaira illuminé par un sourire radieux.
- Bien ma fille, tu viens de faire un grand pas sur les sentiers tortueux de la nature. Cette réflexion te grandit, tu gagnes en maturité.
- A Darnassus, tu trouveras de nombreuses réponses car mon enseignement est terminé.
Mon corps se raidit à cette phrase et mon maître le sentit aussitôt.
- Ne juge pas trop vite les actions de certains, folles en surface, elles recèlent souvent en profondeur des sagesses cachées. Pars désormais, vit tes propres expériences sur les routes de Darnassus.
Je m’inclina poliment et descendis de l’arbre, troublée. Mon maître semblait approuver la création de Darnassus, que devais-je penser ? Bien sur la tentative d’Arbre Monde avait été désastreuse, mais la capitale avait peut-être désormais une place dans l’équilibre. Espérant de tout cœur qu’il en soit ainsi, je me dirigea vers la fameuse cité.
 
L’enchantement qui se dégageait d’Aldrassil était infime en comparaison de l’envoûtement de Darnassus. Je sus immédiatement que la ville était bénie par la nature lorsque j’aperçus des Anciens garder ses portes. Dans un craquement de bois familier, ils s’adressèrent à moi dans la langue de la nature, me souhaitant la bienvenue, calmant immédiatement mes craintes. Humblement, je les salua et aussitôt les esprits de la forêt et feux follets me rejoignirent. Dansant autour de moi avec bonheur, ils m’avaient reconnu comme disciple de la nature. J’interpella ces esprits un peu taquins et ils me dirigèrent vers l’enclave de Cenarius. Nous passâmes, au détour d’un bassin et par le quartier des artisans. Réflexion bassement matérielle mais non moins nécessaire, il fallait que je devienne l’apprenti de l’un d’eux, si je voulais gagner quelques pièces de cuivre et subsister. La communauté des Druides ne rémunérait pas ses membres malheureusement. Des treants patrouillaient dans les rues dallées tandis que des tigres à dents de sabres étendus paresseusement dans l'herbe se reposaient. Je parvins sur une petite place où les batiments qui me cernaient rassemblaient les plus fiers et puissants des maîtres elfiques.
- Bonjour, dis-je timidement en pénétrant dans la battisse de mes confrères.
- Bonjour jeune fille, me répondit-on.
Trois hommes étaient là. L’un rangeait dans une étagère de nombreux et étranges composants aux propriétés sûrement magiques. Les deux autres méditaient et je lus sur leur visage qu’ils m’attendaient, la nature les avait prévenus de mon arrivée ou peut-être était-ce les feux follets.
- Notre maître t’attend, il doit s’entretenir avec toi pour te mener vers Moonglade.
- Fandral Staghelm ? Demandais-je avec intérêt.
- Non, il n’est pas là pour le moment, il est parti s’entretenir avec Thyrande.
- Et, comme à son habitude, il risque d’être de mauvaise humeur à son retour, ajouta l’homme aux composants avec un sourire.
- Monte, Mathrengyl t’attend.
Je suivis son conseil, et emprunta une petite passerelle. Le Druide en question était le bras droit du nouvel Archidruide, un homme important dans le cercle de Cenarius. Progressiste, il aimait troubler les traditions de l’enclave.
- Tu t’apprêtes à faire connaissance avec l’esprit animal, me dit-il sans plus de formalité, je vais t’enseigner un sortilège un peu long et compliquer qui va te permettre de rejoindre le bosquet sacré des druides. La bas, tu rencontreras l’esprit du grand ours, n’oublie pas une chose la nature est capricieuse, on ne lui ordonne rien, on la conseille, on la séduit, on lui suggère ou on la flatte, ne commet pas d’erreur. Autre chose, les Taurens nous ont rejoins à la suite de Cenarius, ce sont nos amis, même si la méfiance subsiste encore pour certains de nos frères et sœurs.
J’inclina modestement la tête, mais intérieurement je me méfiais également d’eux. Je me concentra sur ma tâche et reproduit son sortilège. Je sentis mon esprit quitter mon corps et, l’espace d’un instant, emprunter une voix proche du rêve cristallin. La seconde suivante, je reposais dans les jardins de Remulos.  
 
Le Grand Ours effleura de sa patte immatérielle les recoins de mon esprit. Il prit connaissance de ma conscience d’une simple caresse bienveillante. Puis s’adressa à moi en silence, sa voix se mêlant à mes pensées.
- Un étrange destin t’attend, Leäliabaray, difficile et ponctuée par les larmes, mais tu ne seras pas seule encore longtemps. Tu es prête à me recevoir. Désormais nos esprits seront unis, ma puissance t’habitera, mes forces et mes faiblesses, ensemble pour ta mission, car bientôt, LUI s’adressera à vous.
Mon corps se raidit quand nos esprits s’unirent et je fus parcouru de spasmes. Je laissa échapper un cri de douleur et aussitôt je sentis ma colonne vertébrale se courber, mes membres se rétrécir et gagner en musculature. Le bleu de ma peau disparu en un instant, laissant la place à un cuir épais recouvert par une dense fourrure sombre. Mon visage s’allongea et je perdis ma féminité ainsi que mon humanité. Des crocs saillaient désormais de ma gueule dont la puissance pouvait briser des rocs. De longues griffes menaçantes et terrifiantes remplacèrent bientôt mes doigts et mes ongles, j’étais devenu l’Ours. Pendant quelques instants, je ne bougea plus tentant de recouvrer ma respiration. La moindre fibre de mon corps ainsi transformée débordait d’énergie. Mon esprit était assaillit par de nouvelles sensations, mon odorat s’était développé et il me fallut plusieurs longues minutes pour maîtriser les instincts animaux qui m’habitaient.
J’écarta doucement mon esprit de celui de l’ours et retrouva ma forme originelle, j’avais besoin de faire le point avec moi-même, maintenant que je m’engageais aussi loin derrière Cenarius. Je pris le chemin autour du village de Nighthaven, parmi les arbres et aux abords du lac. Cette expérience me troublait, voir me terrifiait, la puissance acquise était phénoménale et je craignais qu’elle me submerge m’intimant des actions contraires à l’équilibre. Inconsciemment je redoutais également la douleur de la métamorphose.  
L’esprit torturé, je poursuivis ma route jusqu’à parvenir au refuge des saisons de Stormrage. J’allais me recueillir devant cet endroit, espérant une réponse de l’Archidruide par delà le rêve, lorsque j’aperçus un Tauren qui s’apprêtait à profaner la demeure du dormeur. Sans le vouloir, ma conscience retrouva celle de l’ours, la métamorphose fut presque indolore, et je bondis à ses trousses. L’intrus se retourna et m’aperçut. En un instant, il prit la forme de l’ours à son tour et me fit face. Nous nous regardâmes une seconde, puis je me lança. Je ne put pourtant pas le frapper.  
Mon esprit se sépara de mon corps pour rejoindre le rêve cristallin, à mes côtés, le Tauren m’accompagnait.
« Ainsi sont les enfants, cruels et aimants, joueurs et combatifs...»

n°9482
Morholt
Posté le 05-07-2005 à 02:35:49  profilanswer
 

up ! Dis moi tu as écrit la suite ? Je me suis régalée !^^


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